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Construction de ponts interprovinciaux en Outaouais

Antoine Côté, Gatineau - Le Droit - Tuesday, June 26, 2007

Le contrat ayant pour but de rechercher la meilleure option pour la construction de ponts dans la région de l’Outaouais (Un pont à l’île Kettle, une option “sensée”, Le Droit, 19 juin) vient tout juste d’être alloué et déjà certaines personnalités politiques commencent à essayer d’influencer les chercheurs. On peut comprendre pourquoi le journaliste a mis en le mot “sensée” entre guillemets car il s’agit de l’option la plus insensée. À ce moment-ci, il est absolument impossible de déterminer quelle serait l’option la plus adéquate sans avoir étudié les plans à long terme du système routier de l’ensemble de la région et des deux côtés de l’Outaouais. Même si on ajoutait un nouveau pont, les usagers de ce pont ne feraient que se déverser sur les routes existantes et à peu près aucune amélioration dans le système routier ne découlerait de ce pont additionnel.

Ayant fait ma carrière dans le transport de marchandises, je ne vise qu’à tracer un sommaire des grandes lignes qui devraient être prises en considération avant de discuter de l’endroit précis où chacun de ces ponts devraient être construits si on décide d’en construire plus d’un.

Comme il est à peu près sûr que la région ne pourra pas mettre en oeuvre la construction de plus d’un pont à la fois et que ces travaux s’échelonneront sur une longue période de temps qui pourrait atteindre près d’un demi-siècle, la prise de décision concernant la position du premier de ces ponts doit donc tenir compte de l’ensemble des liens routiers qui seront nécessairement mis en place au cours de ces 50 années à venir.

Quoique le côté québécois de l’Outaouais ne fait pas encore face aux problèmes vécus du côté ontarien, il faut quand même constater que le système routier québécois fait déjà face à des problèmes sérieux considérant la population qui atteint seulement un peu plus de quelque 200 000 habitants. Non seulement à cause des restrictions imposées par les ponts mais aussi à cause du nombre de routes principales et secondaires qui déversent leur trafic sur l’autoroute 50.

Résumons la situation routière actuelle des deux côtés de l’Outaouais.

Le côté ontarien

Pourquoi le Queensway qui est partie intégrante de l’autoroute 417 est tellement chargé pratiquement à toute heure du jour ou de la nuit ?

La réponse est très simple : un énorme pourcentage du trafic qui y passe n’aurait aucune raison de se trouver sur ce tronçon de route si une route périphérique située au sud de la Ville d’Ottawa contournait le centre ville. De nombreux véhicules de l’extérieur de la ville se dirigent vers des points situés à l’est ou à l’ouest d’Ottawa. Par exemple, de nombreux transports provenant du nord-ouest de l’Ontario ou de l’ouest du Canada se dirigent vers Montréal ou autres points dans les Maritimes. Bref, le Queensway sert au trafic transcanadien en même temps qu’il donne accès au centre-ville.

Pour revenir au besoin d’une voie de contournement dans la région d’Ottawa, il nous semble nécessaire de jeter un regard au point de rencontre des routes 7 et 17 avec la 117 à l’ouest de la ville. C’est vraiment à ce point où la voie de contournement devra commencer. Ce point se trouve aussi vis-à-vis le point où une route périphérique qui contournerait Gatineau devrait. À partir de l’intersection des routes 7 et 17, la voie de contournement devrait se rendre à l’autoroute 16 qu’elle traverserait quelque part près de Manotick pour se poursuive vers l’Est traverser la route 31 et joindre la 417 au sud d’Orléans. Après s’être jointe à la 417 cette route périphérique devrait se rendre joindre la rivière Outaouais quelque part près de Cumberland. Ainsi, tous les véhicules qui n’ont pas affaire à Ottawa éviteraient de surcharger les routes qui traversent la Ville d’Ottawa en son centre.

Contournement de Gatineau

L’autoroute 50 est déjà surchargée aux heures de pointe. Cependant, tant et aussi longtemps que cette autoroute ne sera pas à quatre voies jusqu’à Montréal, soit directement ou en se joignant aux autoroutes existantes de la région de Mirabel, aucun crédit ne sera accordé pour la construction d’une voie de contournement qui passerait au Nord de la Ville de Gatineau. Cependant, un plan d’aménagement devra être préparé en tenant compte d’une telle route qui sera sûrement construite au cours de demi-siècle prochain. Advenant qu’un pont soit construit à l’ouest d’Ottawa, les planificateurs de ce pont devront tenir compte de la possibilité d’une route de contournement au nord de Gatineau.

Où mettre les ponts

Au cours des dernières années on a tenu des discussions sur la construction d’un pont qui déboucherait sur la montée Paiement après avoir réuni les deux rives en passant par l’île Kettle. Il s’agit d’une aberration proposée par des gens qui pensent seulement à court terme et qui pensent surtout aux retombées économiques dont ils jouiraient. Ils ne jugent de la situation actuelle qu’en vertu de l’expérience qu’ils vivent quotidiennement sans réaliser qu’un nouveau pont ne changerait rien si on ne dévie pas ce qui n’a aucune raison de passer par les centres villes. Un pont sur l’île Kettle mettrait en place une structure routière qui amènerait les camions et les autos, provenant de l’est et de l’ouest de la région, en plein en plein secteur résidentiel et surchargerait d’avantage et sans raison la 50.

Si les planificateurs sont sérieux et qu’ils pensent aux suites de leur décision, seulement deux sites répondent aux besoins à long terme. Un pont qui serait construit entre les deux rives à l’extrémité ouest d’Ottawa et qui rejoindrait le côté québécois un peu à l’ouest du secteur Aylmer. Le deuxième devrait être construit à partir de Cumberland et joindre la rive québécoise aux alentours de Masson/Angers et être relié directement à la 50.

En enlevant tout trafic des centre-villes de Gatineau et d’Ottawa, les ponts existants pourraient satisfaire à la demande actuelle. La mise en place des nouveaux ponts devrait s’accompagner d’une amélioration tangible du transport en commun soit par tramway ou par autobus en suivant les plans déjà discutés. Les autorités en transport routier de chacune de deux villes importantes et des villes banlieusardes de la région devront toutes faire un effort pour supporter le transport en commun au moment où le pays fait face à d’importants problèmes d’environnement.

Le Droit
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