Accessibility and Access Keys [0]

Skip to Content [1]

Domtar : de l'industrie lourde au tourisme ?

Le Droit - Wednesday, August 01, 2007

La fermeture définitive de l’usine Domtar à Gatineau pourrait précipiter le développement touristique des terrains industriels de l’île des Chaudières, qui se trouvent dans la mire du gouvernement fédéral.

La Commission de la capitale nationale a réitéré, hier, son “intérêt” pour le secteur, qui offre des vues exceptionnelles sur la cité parlementaire et la rivière des Outaouais.

“Ça fait partie de la vision à long terme, de faire un lien à travers les îles sur la rivière entre Ottawa et Gatineau. Il y a un intérêt de la CCN. On va discuter avec le gouvernement. Pour aujourd’hui, on n’émet aucun autre commentaire, par respect pour les employés et l’entreprise. C’est une journée difficile pour eux”, a déclaré le porte-parole de la CCN, Mario Tremblay.

Le ministre fédéral Lawrence Cannon, qui assume la responsabilité de la société d’État, affichait la même retenue, hier. Le député de Pontiac s’est dit “attristé” par la fermeture de l’usine et la mise à pied de ses 250 employés, refusant du même souffle d’aborder la question des terrains de Domtar.

Déposé en 2005, le Plan de secteur du coeur de la capitale du Canada est plus loquace. Selon le document, la CCN entend “profiter des occasions d’acquérir les bâtiments de la société Domtar situés sur l’île des Chaudières et le long de la rue Laurier et réutiliser ces bâtiments à des fins commerciales, institutionnelles, artistiques ou résidentielles”.

Les terrains industriels de la papetière Domtar s’inscrivent dans les priorités “à long terme”, c’est-à-dire sur un horizon de 20 à 50 ans. Pour l’historien Michel Prévost, la fermeture de l’usine Domtar va sans contredit précipiter les choses.

“La CCN a toujours dit qu’elle avait les yeux sur ces terrains, si la Domtar se retirait. On peut penser qu’il va y avoir de grands changements dans ce secteur”, estime le président de la Société d’histoire de l’Outaouais.

Si la fermeture d’une industrie demeure toujours une mauvaise nouvelle, convient le directeur de Développement économique Gatineau, Michel Plouffe, la perte de Domtar offre aussi un défi de taille à relever. ”(Ça) activera certains dossiers, dit-il, comme la mise en valeur des chutes des Chaudières.”

Même son de cloche du côté du député fédéral de Hull-Aylmer, Marcel Proulx, qui a d’abord eu un mot pour les travailleurs touchés. “C’est dommage et cela me fait beaucoup de peine pour les familles impliquées. Dans certaines familles, on y a travaillé de génération en génération. Domtar et ses prédécesseurs ont toujours été de bons employeurs. [...] Aussi triste soit-elle, la fermeture de Domtar ouvre peut-être la porte pour accélérer certaines choses.”

Le lieutenant de Stéphane Dion au Québec souhaite qu’une partie des bâtiments de Domtar et de la machinerie qu’elle contient servent à commémorer le passé industriel de Hull. “Entre le pont des Chaudières et le Musée canadien des civilisations se trouvent des terrains absolument extraordinaires pour aménager les rives face au Parlement. Si jamais le parc Jacques-Cartier devait servir à accueillir le nouveau Musée des sciences et de la technologie, on pourrait s’en servir pour aménager un parc de remplacement. La fermeture de Domtar, c’est peut-être l’opportunité qu’on attendait.”

La présidente de la Chambre de commerce de Gatineau, Marie-Andrée Pelletier, abonde dans le même sens. À ses yeux, la CCN doit saisir l’opportunité “le plus vite possible”, de façon à créer des retombées économiques pour la région.

“On ne peut pas s’attendre à ce qu’une usine puisse rouvrir à cet endroit. Ce n’est pas idéal. Il faut saisir l’opportunité de reprendre ce terrain pour le redévelopper. On parle du Musée des sciences et de la technologie. Pourquoi pas l’installer là et s’assurer qu’il soit du côté de Gatineau ?”

Dans le secteur des îles Chaudières et Victoria, les projets de la CCN demeurent vagues. Le gouvernement fédéral souhaite “célébrer le patrimoine industriel, autochtone et naturel du secteur”, établir un pont – au figuré – entre les centres-villes des deux rives et prévoir une variété d’usages, de programmes et d’espaces ouverts au public.

En 2003, la CCN a acquis pour 36 millions $ le terrain de 7,9 hectares sur lequel est présentement située l’usine Papiers Scott, tout près du Musée canadien des civilisations. Dans 25 ans, un grand parc urbain prendra la place de l’usine, préalablement démolie au frais de l’entreprise. Dans le cas de Domtar, la CCN a confirmé hier qu’aucune discussion n’était en cours.

Le Droit
Print this page - Email this page