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C’est tout un périple qu’entreprennent ce matin Daniel et Catherine Léveillée.
D’ici jeudi, les coureurs des bois, version 2008, parcourront 120 kilomètres en canot sur la rivière des Outaouais, direction Ottawa. Mais bien plus qu’une cueillette de fonds pour la Fondation de l’Hôpital Général de Hawkesbury, l’expédition père-fille de quatre jours se veut avant tout un moyen de passer du temps de qualité en famille. Pagayer, n’est pas trop dur quand il y a de l’amour !
Le grand départ s’est effectué ce matin, dès 8 h, en costume d’époque, du barrage Carillon à Hawkesbury en présence d’amis et de curieux, venus saluer les explorateurs des temps modernes.
Petite routine de réchauffement matinal terminée, vérifications de dernière minute effectuées et canot jeté à l’eau, Daniel, 50 ans, et son adolescente de 15 ans, chérissent l’idée de se trouver seuls, loin de toute distraction.
“J’ai juste hâte de parcourir les premiers 2000 pieds et d’être avec ma fille. À vrai dire, on n’a même pas besoin d’atteindre cette distance !, se ravise le paternel. Trente secondes après que nous soyons dans l’eau, et que l’ont dit bonjour à tout le monde, nous allons regarder devant et être seuls. J’ai hâte que nous soyons ensemble à la belle étoile.”
“L’objectif principal, c’est d’effectuer un voyage de plaisir père-fille”, rajoute Catherine, attristée par le fait que parents et enfants passent de moins en moins de temps dans la société de nos jours.
Bref, les aventuriers ont hâte de parler, de rire, de chanter, de profiter des silences, de se recueillir, de s’encourager voire même pleurer. C’est la beauté du voyage.
L’origine du projet
La décision de se lancer à l’aventure provient du visionnement de la télésérie Destination Nor’Ouest, il y a quelques années.
Passionnée par l’histoire de la Nouvelle-France, Catherine a particulièrement “trippé” en regardant l’ensemble des émissions relatant les péripéties des neuf voyageurs. Ces derniers ont effectué un périple sur l’eau de 2500 km, entre Montréal et Winnipeg, à l’instar de leurs ancêtres.
Fort d’une certaine expérience passée en canot, quoique lointaine et peu entretenue, les deux acolytes décident de les imiter, de se lancer à l’eau.
“L’idée de base vient de Catherine. Je n’ai aucun mérite là-dedans” précise son père.
Les navigateurs préparent leur excursion depuis décembre dernier. C’est en avril que Catherine propose à son père d’ajouter le défi d’amasser des fonds pour la Fondation de l’Hôpital Général de Hawkesbury, qui tente de recueillir 7 millions $ pour l’expansion du centre hospitalier.
“Notre objectif est secret”, mentionne toutefois Catherine.
Enchantés par l’initiative, les dirigeants de L’écho d’un peuple ont décidé de contribuer à la campagne de financement.
Ils verseront un dollar à la cause des Léveillée pour chaque billet vendu lors de la représentation du mégaspectacle de jeudi.
Beaucoup de préparatifs
Daniel et Catherine ont effectué une première odyssée l’été dernier, avec succès, entre Hawkesbury et Wendover, un village situé environ à mi-chemin de leur présente randonnée.
Cette fois, considérant la longueur du voyage, les deux explorateurs ont décidé de se préparer en conséquence, leur sécurité étant la préoccupation principale.
Ils ont approché leur ami Christian Pilon, un des participants du documentaire Destination Nor’Ouest, afin de parfaire leurs notions de sécurité ainsi que leurs entraînements.
“Il nous a préparés pour les urgences possibles sur la rivière et il est revenu sur les bases de vie en forêt puisque nous y habiterons pour quelques soirs”, indique Daniel Léveillée.
Sa fille a rencontré une ambulancière pour mettre à jour ses habiletés de réanimation cardiovasculaire.
Les entraînements sur l’eau se sont aussi multipliés depuis plusieurs semaines.
Par ailleurs, les Léveillée tenteront de suivre un itinéraire préétabli, identifiant même leurs escales pour dormir sous les étoiles. “Mais l’imprévu est là. Il faut vivre avec les conditions météorologiques. Il y a place à l’improvisation. Peu importe ce qui arrive, on va se tenir ensemble”, signale le père de famille, un employé de Bombardier Aéronautique.
Une nouvelle tradition
Au sein de la communauté de Hawkesbury, plusieurs ont voulu joindre l’expédition. “Pas cette année ! Nous voulions vivre cela ensemble. Ce que je souhaite le plus, toutefois, c’est qu’il y aura des gens qui y participent l’an prochain tout en gardant la même formule” soutient Daniel Léveillée.
“C’est tellement beau une famille qui se tient. J’aimerais ça que cette magie se propage comme une maladie”, lance Jean-François Levaque, propriétaire du commerce Vent en Fête à Hawkesbury, qui a fourni l’appui technique, notamment l’embarcation.
Mais la complicité entre le papa et la jeune femme est indéniable. Elle risque d’être encore plus importante quand ils arriveront à destination, derrière le Parlement, où Catherine pourra photographier l’arrière de l’édifice gouvernemental à partir de l’eau…
Un autre objectif du voyage.
jfdugas@ledroit.com
(C) Le Droit