Accessibility and Access Keys [0]
Afin de combattre la prolifération des bouteilles d’eau en plastique, Gatineau envisage de faire la promotion de l’eau du robinet. Le président de la commission de l’environnement, Patrice Martin, juge que la ville ferait d’une pierre deux coups en vantant l’eau de son réseau d’aqueduc.
“On rentabiliserait l’eau qu’on paie déjà, tout en faisant un bon geste pour l’environnement”, dit-il. Gatineau produit et distribue chaque jour près de 150 millions de litres d’eau potable.
De nombreux Gatinois boudent cependant l’eau du robinet comme en témoigne la popularité des eaux embouteillées.
Ce comportement agace les environnementalistes qui se sont fait entendre lors des récentes consultations sur la politique environnementale à Gatineau.
En plus d’être plus chère que l’eau du robinet, l’eau embouteillée est souvent transportée sur de longues distances. Beaucoup de bouteilles vides prennent le chemin du dépotoir plutôt que celui du recyclage.
“Je pense qu’on doit vraiment vendre aux citoyens le fait que la ville produit une eau de qualité supérieure et qu’il n’y a aucun danger à la consommer”, reprend Patrice Martin.
Selon Andrea Harden, qui mène une campagne contre l’eau embouteillée dans la ville voisine d’Ottawa, les installations des compagnies d’eau en bouteille sont inspectées une fois par trois ans.
En comparaison, Gatineau analyse une centaine d’échantillons par semaine dans son laboratoire. Les employés testent en plus l’eau potable 150 fois par jour, à différents niveaux de traitements de l’eau.
Les élus municipaux ne prêchent toutefois pas toujours par l’exemple. De l’eau embouteillée est distribuée aux membres du conseil municipal lors des séances publiques.
Pour le moment, Gatineau n’a pas de politique interne sur l’eau potable.
“C’est un des sujets qui est étudié dans le cadre de la préparation de notre politique environnementale”, dit Marie-Hélène Rivard du service des communications. Le projet de politique sera présenté au conseil municipal d’ici le printemps 2008.
Du côté d’Ottawa, la conseillère municipale Diane Holmes prône l’interdiction de la vente de bouteilles dans les installations de la municipalité. Elle souhaite aussi que les bouteilles disparaissent des réunions et événements officiels.