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La population d’Ottawa-Gatineau aura bientôt une meilleure idée de l’emplacement du futur pont interprovincial. Des experts recommanderont «deux ou trois corridors finalistes» l’automne prochain, parmi les dix emplacements à l’étude. Les politiciens des deux rives de l’Outaouais auront alors l’occasion de débattre des options retenues et d’exprimer leurs préférences. Suivra une seconde batterie d’études environnementales encore plus poussées qui prendront deux ans à compléter. Au total, les études coûteront 2 millions $. En attendant le dépôt des recommandations du groupe-conseil Roche, le maire Marc Bureau refuse d’exprimer sa préférence pour un corridor ou pour un autre. Hier, il a demandé aux politiciens d’Ottawa de faire preuve de la même retenue en cessant de «bloquer politiquement» des corridors. «À Ottawa, certains élus ont fait des déclarations ou distribué des pétitions aux citoyens. Dès le début de l’étude, ils ont essayé de faire bloquer des corridors. C’est important de laisser l’étude se faire.» L’ancien maire d’Ottawa et député d’Ottawa-Ouest-Nepean, Jim Watson, de même que le conseiller Alex Cullen se sont notamment prononcés contre un pont sur le lac Deschênes. Même s’il demeure silencieux sur son emplacement favori, le maire Bureau reconnaît que les investissements des dernières années, notamment sur la montée Paiement, ont été fait en fonction d’un futur pont sur l’Île Kettle. «Les études ont démontré jusqu’à maintenant que le corridor de l’île Kettle présentait certains avantages pour Gatineau.» Selon le maire Bureau, il ne sera pas trop tard pour se faire entendre une fois que l’étude environnementale sera complétée. À Ottawa, le mouvement d’opposition à de futurs pont est déjà en branle. Galvanisés par des politiciens locaux, les habitants d’Ottawa ont participé en masse aux consultations publiques sur l’emplacement du futur pont. Au total, 667 participants ont assisté à la seconde ronde de consultations, dix fois plus qu’à Gatineau où seulement 55 personnes se sont présentés. Les gens d’Ottawa se sont dits en faveur d’un nouveau pont, en autant qu’il ne passe pas dans leur cour. Même les habitants de secteurs agricoles et peu peuplés, comme le chemin Riddell, ont manifesté des inquiétudes. Le mandataire de l’étude environnementale, Raynald Ledoux, affirme que ces pressions de toutes sortes n’influenceront pas les recommandations du comité d’experts. «Nous ne tenons pas un référendum», a-t-il dit, en assurant que ses recommandations seront basées sur des critères purement techniques. Le «milieu humain» fait partie de la soixantaine de critères. M. Ledoux se dit conscient que ses recommandations ne seront pas nécessairement adoptées par les politiciens. Des deux côtés de la rivière, les avis divergent sur le meilleur emplacement.