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Le nettoyage de la lagune prend forme

Jean-François Dugas, Le Droit - Monday, November 19, 2007

La Ville de Hawkesbury a choisi la solution de 19,7 millions de dollars pour nettoyer l’ancien bassin de l’usine de pâte et papier Canadian International Paper (CIP).

Le ministère des Richesses naturelles de l’Ontario et la Ville de Hawkesbury travaillent conjointement depuis plusieurs années pour nettoyer la lagune artificielle de quelque 25 acres.

En 1965, la CIP avait été forcée de créer l’étang pour trouver une solution environnementale au déversement des boues de papetières dans la rivière des Outaouais à la suite de la construction du barrage Carillon. On avait alors regroupé quatre îles en endiguant la rivière. La cellulose de bois et les boues de papetières allaient dorénavant être entreposées sur ce site.

En 1983, la CIP a fermé sa papetière de Hawkesbury après plus de 80 années d’opération. Deux ans plus tard, le ministère de l’Environnement de l’Ontario permettait à l’entreprise d’enfouir les débris de la démolition des bâtiments au sein du site d’enfouissement. Rien n’a changé depuis 1985.

“Depuis les années 1990, il y a beaucoup de pression pour fermer le site, le nettoyer et le transformer en espace vert”, souligne Suzanne Lafrance, gestionnaire de projet pour le ministère des Richesses naturelles.

Phosphore, cuivre et odeurs

“Il n’y a rien de nocif pour la santé sur le site, assure-t-elle. Il n’y a pas de produits chimiques. Les boues de papetière ne sont pas contaminées. C’est une matière organique qui pourrait même être recyclable.”

La gestionnaire avoue toutefois, qu’il existe un taux élevé de phosphore et de cuivre au niveau de l’eau de surface. La piètre qualité de l’air, par ses odeurs, constitue aussi un problème majeur.

Plusieurs études environnementales ont été effectuées afin de déterminer les impacts d’une fermeture du site et de son réaménagement en espace vert.

En avril 2006, un rapport préparé par la firme de consultants spécialisée Conestoga-Rovers proposait quatre stratégies, variant de 12 à 69 millions $.

En préférant récemment l’alternative “C” de 19,7 millions $, Hawkesbury pourrait un jour compter sur une marina et même un pont pédestre vers l’île Cobbs, si le nettoyage s’avère fructueux.

“Il faut convaincre le ministère de nettoyer le site afin que l’on puisse le développer du mieux que l’on peut” affirme la mairesse de Hawkesbury, Jeanne Charlebois, qui estime que le développement résidentiel est peu probable à cet endroit.

Le ministère des Richesses naturelles, propriétaire de la lagune, doit toujours déterminer le plan de fermeture qu’elle préfère. À cet effet, des études environnementales et socio-économiques ainsi que des consultations publiques doivent se dérouler dès le début 2008.

“Nous voulons récréer l’état original du terrain avant la création de l’étang de rétention en ouvrant les digues et rétablissant la circulation de la rivière”, soutient Mme Lafrance.

En bout de ligne, le ministère devra s’acquitter de la facture pour les travaux de nettoyage même si les appels d’offres seront effectués par la Ville de Hawkesbury pour accélérer le processus.

Le Droit
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