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La Dumoine, en particulier, faisait l’objet d’une campagne de conservation qui, en cinq ans, a réussi à rallier tout le monde : écologistes, autorités locales et compagnies forestières. Décrite comme la dernière grande rivière sauvage du sud du Québec, la Dumoine draine 4300 kilomètres carrés avant de se jeter dans l’Outaouais, à 150 km à l’ouest de Gatineau. Avec l’annonce d’hier, environ le tiers de ce territoire (1445 km2) est dorénavant protégé du développement industriel et commercial. La plus grande partie du reste est déjà gérée selon les principes de foresterie durable, en particulier par la compagnie Tembec. Ce territoire aura un rôle important à jouer avec les changements climatiques, selon Marie-Ève Marchand, directrice pour le Québec de la Société pour la nature et les parcs (SNAP). «C’est une aire protégée sur un axe nord-sud, qui fait le lien sur 225 kilomètres entre la forêt de feuillus au sud et la forêt boréale au nord, dit-elle. On va pouvoir observer voir comment les espèces vont se déplacer dans ce corridor. »
Quant à la Rouge, la zone de conservation est 10 fois moins importante (142 km2) , soit une bande de terre de chaque côté de la rivière. L’annonce d’hier inclut la section des «21 milles » bien connue pour ses rapides. Ici, il y a place à l’amélioration, selon Mme Marchand. «Il faudrait inclure l’aire protégée au parc du Mont-Tremblant » dit-elle.
Le caribou forestier laissé en plan
Nature-Québec applaudit pour sa part à l’annonce de 18 200 km2. «Ça veut dire que cela semble sérieux pour l’atteinte du 8% d’aires protégée s en 2008 «, affirme Christian Simard, directeur de Nature-Québec. Cependant, souligne-t-il, les annonces d’hier « ne donnent pas de garantie de survie au caribou forestier, loin de là». Cette espèce de caribou est menacée de disparition. Une des aires protégées annoncée hier, celles des Montagnes-Blanches, va dans le sens d’une protection, mais n’est pas assez grande, même à près de 1000 km2. «Toutes les études montrent que le caribou forestier ne tolère pas les territoires fragmentés», dit M. Simard.
Des écologistes déçus : rien pour le sud du Québec
Les écologistes de la Montérégie étaient très déçus hier de constater que, sur 18 000 km2, aucune aire protégée ne visait «la partie la plus riche en biodiversité au Québec, c’est-à-dire les basses terres du Saint-Laurent, la Montérégie et l’Estrie», a indiqué Geneviève Audet, présidente du Centre d’information sur l’environnement de Longueuil (CIEL). «Au cours des dernières années, les milieux humides de la Montérégie ont été détruits au profit de l’étalement urbain», s’est insurgé Tommy Montpetit, porte-parole de Sauvons nos boisés et milieux humides.
La Presse