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Ottawa rejetait des eaux usées dans la rivière

Dominique La Haye, Le Droit - Wednesday, May 21, 2008

PRÉSENCE DE LA BACTÉRIE E. COLI À LA PLAGE DE L’ÎLE PETRIE EN JUILLET 2006

Une partie du mystère entourant la fermeture de la plage de l’île Petrie à Ottawa pour cause de pollution en 2006 est résolue. L’énigme demeure quant à savoir pourquoi les explications ont mis deux ans à se rendre aux oreilles des élus municipaux, alors que la Ville connaissait la réponse depuis le début.

En 2006, en raison des pluies abondantes et d’une forte présence de la bactérie E. coli dans l’eau, la plage de l’île Petrie a été fermée durant 45 jours.

Les trois conseillers municipaux de l’Est d’Ottawa ont appris tout récemment que durant le tiers de cette période, la pollution a été causée par un problème technique. En raison des importantes précipitations reçues en juillet 2006, la vanne de trop-plein Keefer, située près de la résidence du premier ministre sur la promenade Sussex, est restée bloquée en position ouverte durant près de deux semaines.

Lors d’importantes précipitations, puisque le système ne suffit pas à la tâche, la Ville pompe l’eau de pluie et les eaux usées qui sont ensuite refoulées dans la rivière des Outaouais. Cette mesure, qui dure le temps des précipitations, s’est échelonnée du 31 juillet au 15 août 2006, en raison du bris technique.

Puisque les vannes de trop-plein de la municipalité n’étaient pas dotées d’un système de surveillance à ce moment-là, les employés n’ont pas été en mesure de constater le problème.

L’équivalent de 960 000 mètres cubes d’eaux usées ont été déversées dans la rivière, durant cette période, alors que le maximum aurait dû être de 200 000 mètres cubes.

“Malheureusement la vanne n’est pas retournée à sa position initiale. Ça explique (la présence de la bactérie) durant 15 à 16 jours”, indique le directeur des services de gestion de l’eau et des eaux usées de la Ville, Dixon Weir.

Le directeur ajoute qu’une fois l’erreur détectée, les employés ont réagi immédiatement en modifiant leur routine d’inspection, s’assurant ainsi du retour au fonctionnement normal du système après de fortes précipitations.

La Ville a aussi immédiatement avisé le ministère de l’Environnement de la situation, omettant toutefois d’apporter des explications au conseil municipal.

M. Weir, qui n’était pas en poste lors des incidents, reconnaît qu’il y a eu d’importants problèmes de communications.

Le conseiller de Cumberland, Rob Jellett, se dit “déçu” que la Ville ait mis autant de temps à clarifier la situation auprès des élus. “Nous aurions dû le savoir immédiatement, lorsque l’incident a été découvert.”

“Une rencontre est prévue avec le directeur municipal, Kent Kirkpatrick où nous allons tenter de voir pourquoi la communication a échoué, mais l’objectif n’est pas de congédier des employés”, indique le conseiller d’Orléans, Bob Monette.

L’an dernier, la plage a été fermée seulement six jours en raison de la présence de matières fécales dans l’eau. Au cours des deux prochaines années, la ville installera de nouveaux équipements techniques aux vannes de trop-plein, permettant de surveiller les débordements dans la rivière des Outaouais.

dlahaye@ledroit.com

La Droit
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