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Ottawa suspend un employé

François Pierre Dufault & Dominique La Haye, Le Droit - Wednesday, May 28, 2008

Un employé de la Ville d’Ottawa a été suspendu sans solde, hier, après avoir admis qu’il n’a pas alerté le ministère de l’Environnement de l’Ontario à la suite du déversement, en août 2006, de quelque 960 000 mètres cubes de matières fécales dans la rivière des Outaouais.

Selon le directeur municipal Kent Kirkpatrick, une enquête interne instiguée par la Ville, jeudi dernier, a permis d’identifier un superviseur fautif d’avoir gardé le silence quant à un bris technique survenu à la vanne de trop-plein Keefer, située sur la promenade Sussex. La vanne était restée bloquée en position ouverte durant près de deux semaines à l’été 2006.

“J’en conclus que l’employé responsable de signaler l’incident au Centre d’intervention en cas de déversement du ministère de l’Environnement n’a pas fait son travail”, explique M. Kirkpatrick. La Ville, dit-il, pourrait envisager de congédier l’employé fautif ou de déposer contre lui des accusations criminelles.

“Il y avait un certain nombre de faits qui ne collaient pas dans cette affaire”, note le maire Larry O’Brien qui, avec trois conseillers municipaux de l’Est d’Ottawa, demande la tenue d’une enquête indépendante pour faire la lumière sur ce déversement. Le conseil municipal décidera aujourd’hui s’il autorise la tenue de cette enquête.

Pour sa part, le ministère de l’Environnement a ouvert sa propre enquête relative au déversement, afin de déterminer si la Ville d’Ottawa a enfreint la Loi ontarienne sur l’environnement. Auquel cas, des accusations pourraient être déposées contre la municipalité. “La loi dit que le ministère doit être avisé immédiatement (par la municipalité) quand un incident de déversement survient”, précise le porte-parole du ministère, John Steele.

Jusqu’à hier, la Ville soutenait qu’un employé avait avisé verbalement le ministère dans les jours qui ont suivi le déversement survenu entre le 31 juillet et le 15 août 2006. Or, ce n’est que neuf mois après l’incident, par le biais d’un rapport écrit, que le ministère en aurait été informé. La haute direction municipale, le maire et les élus n’ont été mis au courant de l’incident que la semaine dernière.

Dans un rapport sur l’état des plages municipales, rendu public le 16 mai dernier, on apprend que la plage de l’île Petrie avait été fermée à l’été 2006 en raison d’une forte présence de la bactérie E. coli résultant du déversement. “Des protocoles seront mis en place pour nous assurer que pareils incidents ne se répéteront pas”, promet le maire O’Brien.

fpdufault@ledroit.com

Le Droit
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