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Le rapport dont la station de radio CJRC a obtenu copie soulève des questions, sans permettre d’établir un lien direct entre la présence de ce métal lourd et le déroulement des feux d’artifice au-dessus du lac Leamy.
Les échantillons de sédiments prélevés en juillet dernier, du côté nord-est de la rampe de lancement des feux, révèle une présence de plomb de 99,7 parties par millier (ppm), alors que la norme du Conseil canadien des ministres de l’Environnement (CCME) se situe entre 35 ppm et 91,3 ppm.
«L’étude vise à voir si les activités pyrotechniques ont une influence sur la qualité de l’eau, mais jusqu’à maintenant les analyses n’ont pas permis d’établir une tendance à la hausse de quantité de plomb dans le lac. Les maîtres-artificiers utilisent des oxydants de plomb pour produire de la couleur, mais cette substance est pratiquement en totalité dissoute dans l’air, alors on ne parle pas d’un déversement de plomb dans l’eau», indique le directeur général des Grands Feux du Casino du Lac-Leamy, Claude Hamelin.
Le promoteur de l’événement rappelle qu’avant d’avoir une vocation récréative, le lac était un site dédié aux activités industrielles. On y trouvait notamment une carrière et un dépotoir à neige.
Depuis que l’événement a vu le jour en 1996, la Commission de la capitale nationale (CCN), propriétaire du plan d’eau, exige aux Grands feux d’effectuer une analyse environnementale de la qualité de sédiments du lac à tous les deux ans.
La plus récente analyse révèle une augmentation de la concentration du plomb depuis 2002, mais une diminution par rapport à l’an 2000. La concentration de plomb est ainsi passée de 142 ppm en 2000, à 50,8 ppm en 2002, pour grimper à 65,8 ppm en 2005 et bondir à 99,7 ppm cette année.
Selon la firme consultante CIMA chargée de mener l’étude, ces variations ne permettent pas de noter une tendance à la hausse de la concentration de plomb.
La directrice générale du Conseil régional en environnement et en développement durable de l’Outaouais (CREDDO), Nicole DesRoches, souligne que si la quantité de plomb dans le lac n’est pas suffisante pour nuire aux humains, elle peut l’être pour les poissons et la flore.
«Nous avons retourné en Chine récemment des jouets pour enfants parce qu’ils étaient peinturés au plomb, rappelle Mme DesRoches. Puis, il ne faut pas oublier que le lac Leamy communique avec la rivière Gatineau, la rivière des Outaouais et avec le lac de la Carrière, il peut donc y avoir des répercussions ailleurs.»
Mme DesRoches dit mal comprendre pourquoi la CCN n’a jamais demandé une étude plus poussée après avoir pris connaissance des résultats des analyses antérieures.
De son côté, la CCN ne juge pas la situation alarmante, songeant tout de même à réviser ses normes environnementales.
«La présence des sédiments n’est pas inquiétante, mais lève un drapeau pour que nous continuions à suivre la situation de près. Nous allons au cours des prochaines semaines voir avec nos consultants s’il y a lieu de faire une étude plus poussée», indique l’agent en environnement à la CCN, Éric Soulard.
Le Droit