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Un bien étrange petit ruisseau

Dany Doucet, Le Journal de Montréal - Thursday, March 12, 2009

Un mystérieux ruisseau rempli de particules vertes et brunes, qui ne gèle pas en hiver et autour duquel la neige semble fondre plus rapidement qu’ailleurs, suscite passablement d’inquiétudes dans la région de Lachute.

En fait, le ministère de l’Environnement enquête sur cet étrange petit ruisseau qui coule près d’une sablière et d’un site d’enfouissement de matériaux secs, à Brownsburgh-Chatham.

Des dépôts verts et bruns semblables à des algues sont visibles partout dans le lit du ruisseau, même en plein hiver. Il n’y a à peu près pas de courant et à peine quelques pouces de profondeur, mais l’eau ne gèle pas.

Plus surréaliste encore, il n’y a pas de neige sur la rive du ruisseau, alors qu’il y en avait près d’un mètre d‘épaisseur partout dans la région lors du passage du Journal de Montréal, la semaine dernière.

Des voisins ont manifesté leur inquiétude au Journal de Montréal au cours des derniers jours, mais tous sous le couvert de l’anonymat.

Le ruisseau traverse ensuite différentes terres agricoles et marais pour finir sa course, ultimement, dans la rivière des Outaouais.

Enquête du Ministère

«C’est certain qu’on est au courant de ça et qu’on prend le cas très au sérieux», a commenté la directrice régionale du Centre de contrôle environnemental des Laurentides au ministère de l’Environnement, Hélène Proteau.

«Je ne peux en dire davantage, car cela fait partie de notre preuve. Nous finaliserons l’enquête au cours des prochains jours et transférerons le tout au ministère de la Justice.»

Des avis d’infraction ont déjà été envoyés par le ministère de l’Environnement au propriétaire de la sablière et du terrain sur lequel le ruisseau prend sa source, l’entreprise Bernard Paysagiste.

Sablière et site d’enfouissement

Un tuyau a été placé sous la montée Cushing, qui sépare le ruisseau de la sablière.

La sablière est voisine d’un site d’enfouissement de matériaux secs de la compagnie Waste Management (WMi), qui est fermé depuis qu’il a été rempli à pleine capacité.

Selon le ministère de l’Environnement, les capteurs installés aux abords du site n’ont pas repéré d‘écoulement de lixiviat, le liquide produit par la dégradation des matériaux secs.

«Rien d’illégal là-dedans», dit le propriétaire

«Il n’y a rien d’illégal là-dedans», a déclaré Martin Guay, vice-président et copropriétaire de Bernard Paysagiste.

«C’est de l’eau qui sort au bout du tuyau que tu peux boire», a ajouté M. Guay.

Bernard Paysagiste est en infraction, relativement aux autorisations d’exploitation de sa carrière, auprès de la Commission de protection du territoire agricole (CPTAQ), a reconnu d’emblée M.Guay, sans que Le Journal ne lui pose la question.

L’entreprise a d’ailleurs demandé une dérogation mineure pour rendre sa carrière conforme, a-t-il dit.

Deux fois au cours de l’entrevue téléphonique, Martin Guay a averti Le Journal de Montréal de faire bien attention à ce qui allait être publié. «Sinon, a-t-il dit, c’est sûr qu’il va y avoir des répercussions.»

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