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Le surfeur gatinois Julien Fillion affrontera prochainement l’une des vagues les plus imposantes de la rivière des Outaouais, baptisée “bus eater” (avaleur d’autobus).
Vingt-cinq ans, les cheveux blonds aux épaules et le teint bronzé, Julien Fillion incarne l’image même des surfeurs californiens. Le jeune homme qui se promène entre la Californie, Hawaï et Gatineau a toujours voulu se balader avec sa planche sur la “bus eater ” de la rivière des Outaouais, située près de l’île du Grand Calumet, qui atteint un dénivelé long de 20 à 25 pieds au plus fort de la saison.
“À ma connaissance, je serai le premier à la rider à ce temps-ci de l’année, a-t-il indiqué. J’en ai déjà fait des plus grosses, mais ici c’est l’inconnu de la vague qui m’attire, parce que le remous n’est pas prévisible, il peut me ramener à plusieurs reprises dans le creux de la vague.”
Le jeune homme devrait réaliser son défi entre le 15 avril et le 30 avril, lorsque la vague sera à son point culminant. Sa prestation ne devrait pas passer inaperçue, puisqu’au même moment, de nombreux kayakistes se prépareront à envahir la rivière des Outaouais en prévision des championnats du monde de kayak de style libre, qui auront lieu du 29 avril au 5 mai.
Pour relever son défi, Julien Fillion entend utiliser la technique du surf de grosse vague employée à Hawaï. Il sera donc transporté près de la vague par une motomarine. “Quand je suis prêt, je lâche la corde, et à la fin la motomarine est là pour m’aider à ramasser la planche. À l’entraînement, le fait d’avoir une motomarine permet de pouvoir affronter beaucoup plus de vagues par jour, car sinon on doit nager pour s’y rendre.”
Celui qui a tour à tour vécu pour l’escalade, le vélo de montagne, la planche à voile et le surf sera tout de même nerveux au moment de se présenter devant la ” bus eater”. “On a tout le temps peur avant, il faudrait être fou pour ne pas avoir la frousse, a-t-il mentionné. Mais quand les vagues sont grosses, c’est plus fort que moi, je dois y aller.”
Si Julien Fillion peut se permettre un tel mode de vie, c’est parce qu’il collabore avec la compagnie Liquid Force en créant le design de pièces d’équipement. Même s’il souhaitait surfer dans sa région natale pour des raisons personnelles, il espère également que sa prestation saura attirer certains commanditaires. “Il y a tout le temps eu des compagnies étrangères qui ont cru en moi, mais j’aimerais que des entreprises d’ici embarquent, parce qu’il n’y a personne au Québec qui fait ce que je fais”, a-t-il souligné.
Entre deux vagues et deux voyages, le jeune surfeur a par ailleurs trouver le temps de compléter un baccalauréat en informatique.
jmercier@ledroit.com
Le Droit